Abracadabra-gile

Abracadabra-gile

Vous avez certainement entendu, l’Agile c’est magique. Ou d’autres, dire y croire ou pas. J’ai entendu un de mes clients expliquer les difficultés de son équipe parce que l’Agile ça ne fonctionne pas. Cela ne le surprenait pas parce qu’il n’y avait jamais cru.

L’agile ne serait donc qu’un dogme. J’aime cette comparaison avec la magie. Je vais faire le parallèle entre les deux dans cet article et expliquer les « trucs » qui ont fait le succès ou les écueils des projets auxquels j’ai participé.

Pour ceux arrivés ici par un heureux hasard et qui ne connaissent pas l’Agile, je vous recommande de lire l’article Méthode agile sur Wikipédia.

Ni la magie ni l’agilité sont de la sorcellerie ou issues d’enchantements. Les équipes qui réussissent en agilité le doivent à leurs pratiques (les trucs pour la magie).

Les trucs…

Les magiciens ne font pas qu’appliquer des techniques connues

Évidemment, le magicien utilise des recettes (processus) et des outils. Mais sa magie est cachée dans l’interaction avec son équipe. Quand il créé les tours, son équipe est d’autant plus efficace que les individus ont confiance les uns en les autres. De là ils savent s’écarter des plans pour trouver une meilleure réalisation.

Il m’est arrivé d’être sous le joug de processus au détriment de l’interaction avec l’équipe. Par exemple, il m’avait été demandé de livrer notre logiciel à notre client. Ceci aurait pu être fait en une demi-journée. Mais non, j’ai dû suivre les règles de production, ce qui a duré plusieurs semaines. Cette mécanique « lourde » est là pour pouvoir répéter la production de très nombreuses fois. Or cette livraison intermédiaire était unique. Mais c’était le seul processus disponible. Donc il a fallu l’appliquer sans pouvoir l’adapter. Cette frustration m’a amené à faire le choix de l’indépendance. Je ne voulais pas faire comme certains et perdre toute envie de prendre des initiatives, la motivation ou le plaisir au travail…

Les équipes les plus efficaces que j’ai croisées sont celles basées sur le respect des individus amenant à des interactions efficaces entre eux. A chaque fois j’ai été surpris de constater leur imagination pour résoudre les difficultés. Il est peu probable que leurs solutions aient été prévues dans un plan préétabli.

Il est évident qu’il est moins risqué d’appliquer un processus à la lettre (et de prendre un parapluie)…

Les tours doivent fonctionner

Seriez-vous satisfait en tant que spectateur d’avoir toutes les informations sur une illusion, mais que celle-ci ne vous soit pas montrée ou qu’elle ne marche pas ?
Non, vous voulez être émerveillé par le spectacle. Le comment vous intéresse peu en fait…
C’est pour cela que les artistes passent énormément de temps dans les répétitions. Ils s’entraînent et se forment sans cesse. Ils ne gaspillent pas de temps dans la documentation inutile. Ils se concentrent principalement sur ce qui est utile. Ceci ne signifie pas que seul le résultat compte. Il veulent pouvoir répéter son exécution facilement et l’adapter simplement.

J’ai travaillé dans des équipes devant suivre des processus stricts. Pour les développements informatiques par exemple, nous suivions le cycle en V. En conséquence, le temps passé à produire est largement inférieur à celui passé sur la documentation. Certains documents n’ont même jamais été utilisés. Les évolutions du produit étaient plus rapides que leur rédaction. Ils étaient devenus obsolètes avant leur livraison ou nécessitaient du rétro-travail. Ce travail m’a paru peu utile et peu stimulant. Je me rappelle aussi de ceux qui nous demandaient de rédiger tous les diagrammes UML. Par exemple créer un diagramme décrivant les changements d’état d’un système qui n’en a qu’un seul.

Un magicien interagit avec son public (et vice versa)

Sans réaction du public, le spectacle ne sera pas réussi. Les artistes ont besoin d’avoir la réaction. Sans retour, pas de tour. Regardez par exemple un tel show à la TV. Cela perd de sa splendeur, trop mécanique. Les réalisateurs essayent de dissimuler cela avec des réactions enregistrées.
Ceux qui restent sur le contrat peuvent décevoir, perdent l’intérêt ou la confiance de leurs spectateurs (client pour nous).
Sans spectateur, ou sans réaction de celui-ci, il n’y a pas de spectacle. Les artistes ne sont pas les seuls acteurs lors d’une représentation.
Il y a des nombreux exemples qui ont démontré que persister dans le suivi strict d’un contrat se conclut par un échec.
L’écoute et la collaboration sincère avec son client sont des piliers de la réussite.

L’artiste adapte son spectacle en fonction des réactions

Que ce soit sur l’instant ou sur les spectacles suivants. En fonction de son public, il peut changer le programme. Évidemment, il ne va pas réinventer un spectacle dans l’urgence. Mais si quelque chose n’atteint pas son but, il sera retravaillé ou simplement éliminé.

Google est un exemple de développement adaptatif. Tous les jours, ils essaient de nouvelles fonctionnalités. Si elles n’ont pas le succès attendu, elles peuvent être supprimées. Le fait de laisser quelque chose d’inutilisé peut engendrer des efforts pour la maintenir ou la corriger. Et cela peut écarter l’équipe des activités plus importantes aux yeux des clients.

Il est très frustrant de rester à l’application stricte d’un contrat sans écouter les demandes de modification des clients. Alors qu’il est tellement plus gratifiant de livrer un produit qui les satisfait car il a été modifié avec leur collaboration.

En Agile comme en magie, pas de magie

Mais des valeurs et des pratiques qui doivent être en harmonie. Il faut y adhérer sincèrement.

Les afficher au mur ne suffit pas. Faire semblant ne fait pas longtemps illusion ; cette stratégie devient alors anti-productive.

Les clés sont :

  • Faire confiance aux individus et à leurs interactions ;
  • Se concentrer en priorité sur l’opérationnel ;
  • Établir une collaboration sincère entre le client et l’équipe ;
  • Accepter les changements et ne pas rester figé sur un plan ; être flexible.

Vous avez certainement reconnu le manifeste… Même si celui-ci est considéré comme suranné par certains historiques, je trouve que c’est un incontournable point de départ.

Pour en terminer

J’ai basé cet article sur la magie. J’aurais pu le faire sur le rugby ou toute autre spectacle ou sport. Dans ces activités il semble naturel que l’entraînement occupe une grande partie du temps. Quand je jouais au rugby, je m’entraînais 3 fois par semaine, durant plus de 2h. Je faisais 1 match par semaine pendant les périodes de compétitions. Depuis que je travaille, je suis toujours surpris de constater que l’entraînement n’existe quasiment pas. Je détaillerai ceci dans un prochain article.

 

Abracadabra-gile… Je disparais jusqu’au prochain article.

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